Sur la crainte de la métamorphose

© ATLANTIS, THE LOST CONTINENT (1961). Director: George Pal.

Par Nadine

En commentaire au texte sur le « Complexe de l’hippopotame » et la crainte de Célia de devenir hippopotame, si elle avait voulu le devenir, je me rappelles d’un film que j’avais vue enfant et qui m’avait fait peur car les esclaves étaient transformés en bêtes en absorbant régulièrement un breuvage. Ce film, sorti en 1961, s’appelle en français « Atlantis, Terre Engloutie » et en anglais « Atlantis, The Lost Continent ». On y voyait l’évolution de l’homme en bête, et cela m’avait fait très peur. Ainsi, petit à petit les hommes devenaient des cochons, des moutons, des vaches, etc. Du fait de vouloir, à l’époque, devenir une femme, j’avais peur, peut-être, de devenir un monstre. Et, il est fort possible que cette peur aie aussi contribué à reporter de manière « infinie » ma transition. Infinie en guillemet, car j’ai mis un terme à cette infinité en commençant ma transition il y a 2 ans déjà.

Qui se souvient avoir déjà vu ce film ? Qui se souvient n’avoir jamais euE de telles craintes ?

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11 réflexions au sujet de « Sur la crainte de la métamorphose »

  1. Super Nadine, j’ai très envie de voir le film ! (j’ai mis une illustration détail de l’affiche si tu n’aime pas je l’enlève, tu peux ajouter des images à tes articles, il faut penser à les créditer)
    En fait ce que j’appelle le « complexe de l’hippopotame », ce n’est pas la peur de devenir une hippopotame, c’est la peur de ne pas pouvoir devenir une hippopotame si je sais que j’en suis une !
    Ce complexe naît du trouble qu’on peut éventuellement ressentir entre le fait de savoir que l’on est une femme (psychiquement), et le fait de savoir qu’on n’en est pas une (biologiquement). Je résous ce complexe en acceptant l’idée existentialiste que nous ne sommes que nos actes, donc si j’agis de façon féminine (socialement reconnue comme féminine), je le deviens !

    • le complexe de l’hippopotame, c’est un complexe qui n’existe pas inventé par des gens qui n’ont rien compris à la transidentité, et qui voudraient qu’on se sente coupables ET folles.

      • Ben en fait cette idée de complexe de l’hippopotame m’est venue à partir de la colère de mon beauf qui au sujet de ma transition s’était écrié « Et moi si je veux être un hippopotame alors ? ». Donc c’est pas mon beauf qui à trouvé cette idée de complexe, c’est moi 😉
        C’est vrai qu’il n’existe pas ce complexe, en tous cas moi je ne le ressens pas mais je trouvais intéressant de nommer le trouble qu’on peut (éventuellement) ressentir, trouble lié à l’impossibilité qu’on aurait d’atteindre un corps féminin bio désiré.

      • Hé hé ! Oui je pense qu’il y a de ça. C’est sûr mon beauf a un problème avec la transition, pas moi ! J’ai remarqué que la plupart des réactions négatives venaient des hommes, comme si je trahissais ! Avant la transition j’avais peur d’être rejetée des femmes ça n’a pas été le cas.

  2. D’une certaine manière, « L’ïle du docteur Moreau » de Wells pourrait évoquer une thématique assez similaire : au prix d’opérations terribles qui font affreusement souffrir les animaux, l’abominable docteur Moreau les transforme en humains à son service. C’est peut-être assez proche de ce film, que j’ai bien envie de voir aussi. Le roman de Wells dégage une atmosphère d’horreur et de peur devant cette transformation, qui traduit peut-être un certain refoulement angoissé de l’auteur devant toute « transition » possible.

    • La différence que je ferais d’avec « L’îile du Docteur Moreau » de H.G. Wells est qu’ici on transforme l’être humain en bête, et non prendre des animaux pour en faire des être humains. D’où, certainement une peur plus grande face à la transformation du corps. Mais l’un comme l’autre m’ont fait autant peur.

  3. je vois que la famille s’agrandit ! Bienvenue Nadine !
    je ne connais pas ce film, mais il est probable que l’imaginaire culturel autour de la monstruosité de la transformation des corps m’a moi aussi perturbée un peu (beaucoup ?) J’ai mis longtemps à comprendre aussi que la transidentité et la fameuse « transition » ressemblait plus à une seconde puberté – dans le bon sens cette fois – qu’à des expériences traumatisantes faisant de nous des sortes de gynoïdes improbables à grands coups de bistouris. Beaucoup de gens pensent encore, et j’en faisais partie, que toutes les trans ont des prothèses mammaires, sont toutes refaites de partout, complètement artificielles, et se baladent le plus souvent possible en sous-vêtements affriolants en dentelle rose et corsets SM, ce qui est pourtant loin d’être une généralité ! Quand j’ai compris que je pouvais affirmer mon identité tout en restant « naturelle », et sans devenir un monstre, alors j’étais prête enfin à me laisser aller…

    • Merci Coline ! Concernant ce film qui fut loin d’être un succès d’autant qu’il reprend des scènes d’autres films, je ne sais si on peut le trouver en DVD. Je suis aussi touchée quand tu dis « Quand j’ai compris que je pouvais affirmer mon identité tout en restant “naturelle”, et sans devenir un monstre, alors j’étais prête enfin à me laisser aller ».

    • C’est ce qui m’a bloqué je crois, cette peur d’être reconnue comme « trans » et pas comme femme, donc socialement d’être assimilée aux travesties.
      Même sans porter de jugement négatif sur les travesties, et en ayant conscience qu’une partie de mon chemin peut s’assimiler à du travestissement, je ne voulais pas de cette assimilation. Je ne peux pas assumer cela socialement.

  4. Merci pour le lien. Je ne connaissais pas ce site « transphobie ». Ça à l’air gratiné l’épisode de South Park.
    Pour l’hippotamoplastie je cherche à joindre le yahoo group qui partage les infos sur les meilleurs chirurgiens 🙂

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