J’ai pas aimé XXY !

© XXY, 2007 – Réalisation : Lucía Puenzo – Drame – 1h31

Bon oui c’est un beau film (trop ?), l’intention est irréprochable, les acteurs et actrices très bons. La photo superbe (oui vraiment, voire un peu esthétisante)

Mais c’est d’un long ! La narration ne tient pas debout, on ne comprend pas pourquoi le chirurgien vient passer des jours entiers chez des gens qu’il ne connait pas.

Ils ont tous 2 de tension dans ce film. Ça avance à 2 à l’heure.

Et surtout, j’aime pas quand ça dramatise à outrance, quand on veut faire pleurer dans les chaumières moi ça me saoule. je trouve que ça donne une image assez pénible et « prise de tête » des trans ou des intersexués. Un peu de légèreté quoi ! Dans XXY, ils ne rigolent jamais, tout est triste, pénible, gluant, limite patho, comme si c’était plus « haut de gamme » parce qu’on se prend le choux. On a l’impression que depuis qu’Alex est née (la pôvre intersexuée) toute la famille fait la gueule et que c’est le drame tous les jours !

Sur le même sujet, j’ai préférée la petite fille intersexuée dans l’emission Xénius d’Arte, avec ses parents la tête bien sur les épaules, bien optimistes. Je ne dit pas que c’est toujours comme ça, d’ailleurs le reportage d’Arte montrait des réalités moins réjouissantes (par exemple le chirurgien con comme sa bite…)

XXY c’est lourd, ambiance lourde. Tout le temps. Pas gaie. Ils ne se marrent jamais. Ils ne sortent jamais le nez du problème. C’est sûr que le viol ça peut pas être une scène drôle, mais il y a d’autres choses.

Comparativement, je préfère le bon reportage (Arte) que cette mauvaise fiction. Les bonnes intentions ne font pas les bons films.

Bon enfin si ça permet à des gens qui ne connaissent pas le problème de s’ouvrir un peu l’esprit sur le sujet je ne suis pas contre. Mais artistiquement c’est pas top, et je trouve que ça nous colle une image pas terrible. Ça peut faire peur et avoir l’effet inverse de la bonne intention affichée.

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Une réflexion au sujet de « J’ai pas aimé XXY ! »

  1. mais ce n’est pas non plus un film pédagogique sur les personnes intersexuées, ni un message d’espoir du ministère des bons sentiments ! Je comprends que tu te sois ennuyée devant le rythme du film, mais moi je suis assez d’accord avec cette critique du journal Le Monde :
    « Avec beaucoup de sensibilité et de probité artistique, le film évite les écueils inhérents au sujet. XXY n’est pas un film à thèse conjuguant vulgarisation clinique et plaidoyer moral ni un drame licencieux cultivant le sensationnalisme. Mais une histoire de tolérance qui s’offre un pied de nez aux voyeurs. »
    Bon, je peux admettre que le film a des faiblesses et des maladresse, mais on peut au moins reconnaître que c’est un sujet rare au cinéma, surtout qu’il évoque la question cruciale de la liberté de choix des personnes intersexuées d’être elles-même, sans avoir à choisir de rentrer à tout prix dans le moule de la binarité sexuelle et de genre à grand renfort d’hormones et de chirurgie…

    On parle aussi du film ici : http://observatoire-des-transidentites.over-blog.com/pages/XXY_un_autre_regard_sur_lintersexualite-5498948.html

    mais bon nos réactions devant un film sont tellement imprévisibles parfois, par exemple j’ai eu beaucoup de mal avec « Tomboy », que je trouvais plein de clichés et de culpabilité inutile, avec une « amourette impossible » que je trouve bien mal jouée entre le Tomboy du titre et sa copine du quartier… Mais pourtant tout le monde a l’air d’avoir bien aimé quand j’en discute ! Et puis je ne sais pas pourquoi le côté négatif, la « lourdeur » et la « tristesse » qui vous dérangent dans XXY ne me dérangent pas vraiment, alors que dans « Tomboy » au contraire c’est ce qui m’a en partie agacée ! Ah les mystères de la sensibilité sont impénétrables…

    Mais enfin je suis d’accord avec l’idée que rendre compte de nos expérience de vie atypiques de manière joyeuse et colorée nous fait aussi beaucoup de bien ! Si nous arrivons à réinventer un imaginaire collectif de bonheur et de liberté associé à la transidentité ou à l’intersexualité – imaginaire qui influe autant sur le regard des gens sur nous que sur celui qu’on porte sur nous-même et nous empêche parfois de vivre notre identité sereinement – alors nous nous rendrons un grand service en réduisant à néant une partie de la pression sociale qui nous enferme trop souvent – trop longtemps – dans des placards inconfortables ! Et oubliant le chemin de croix supposé de la « transition », nous pourrons enfin nous laisser glisser vers l’euphorie de genre évoquée ici même !

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