When we play with our identities, we play with desire

“When we play with our identities, we play with desire”
© Kate Bornstein, Genter Outlaw, p.39.

Je crois que j’ai compris avec le « Gender Outlaw: On Men, Women, and the Rest of Us

 » de Kate Bornstein deux choses qui m’aident beaucoup (en plus de toutes les autres bonnes choses de ce livre) :

– Nous n’avons pas à porter en nous le poids de la binarité homme/femme. Nous vivons dans ce schéma, ni plus ni moins que tout le monde, et ce n’est pas parce que nous sommes trans que nous sommes contraintes d’afficher dans notre apparence ce dépassement théorique de la binarité. Nous refusons d’intérioriser cette soit-disante contradiction, entre ce que nous avons compris de la binarité comme discours dominant patriarcal, et notre capacité à le remettre en cause. Si nous le remettons en question, ce système binaire et la hiérarchie sexiste qui le légitime, pas besoin d’être trans pour le faire. Il suffit d’être féministe. Nous n’avons pas à nous trimballer avec ce refus de la binarité affiché dans notre apparence, comme si nous avions un post-it collé en permanence sur le front “J’emmerde le système de genre binaire hétéro-patriarcal et c’est pour ça que je fuck les codes sociaux du genre reconnus”.
Nous rejetons les accusations de faire perdurer un système que nous serions censée combattre (je combats si je veux, quand je veux !). Nous ne pensons pas que combattre les discours de pouvoir en nous marginalisant soit d’une grande efficacité. En tant que trans, nous ne serons pas les martyrs de la cause anti-binarité ! (ou du moins on va essayer de ne pas devenir les martyrs, c’est pas gagné!)

– Nous ne souhaitons pas un monde sans genres, sans couleurs, sans saveurs, mais au contraire la multiplication des genres. Notre vœu n’est pas de passer de deux genres à zéro genre. L’idée est au contraire de passer de deux genres à « N » genres. C’est la contamination par la prolifération et non par la disparition. Nous avons besoin des genres, de N genres. Les identités que nous ressentons et vers lesquelles nous allons sont les moteurs de nos désirs et de nos jeux.
Ce n’est pas parce que nous appelons de nos vœux la multiplication des genres, que nous souhaitons dans notre apparence mélanger les genres. Nous ne recherchons pas l’ambiguïté de genre, qui traduirait un refus des codes de genre, nous ne refusons pas les codes, nous nous les approprions librement.
Nous voulons vivre dans la fluidité, dans un mouvement librement consenti vers le genre que nous ressentons. Nous refusons la fixation d’un genre qui ne nous correspond pas. Nous pouvons donc être dans un genre masculin, féminin ou dans n’importe quel autre, selon notre ressenti. Ce ressenti peut varier dans le temps, ou pas. Nous ne nous sentons pas obligées de changer de genre en dehors de notre ressenti. Si notre ressenti ne varie pas, pourquoi devrions nous adopter un genre qui ne nous correspond pas ?

Je ne fais pas une traduction fidèle des propos de Kate Bornstein, je tente de restituer ce que j’en ai compris, et intégré dans ma démarche transidentitaire.
Les livres de Kate Bornstein ne sont pas traduits en français, cela reste à faire. Il faut lancer l’idée de leur traduction, trouver en premier lieu un éditeur qui veuille se lancer dans la publication en français de ces ouvrages tellement éclairants et tellement bien pensés dans leur forme d’écriture.

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3 réflexions au sujet de « When we play with our identities, we play with desire »

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