EN EXCLUSIVITE ! : La vagino du cul – Questionnements.

Bricolage des parties honteuses au maillet et burin.

(12 septembre 2011).

En lisant cet affligeant titre aussi vulgaire que racoleur, vous vous êtes dit : « Mais qu’est ce qu’elle peut écrire comme grosses conneries cette Cammy ».

C’est pas faux.

Ça ne vous aura pas échappé : J’ai un gros débit de crétineries ;  sauf qu’une fois de plus, il y a une explication (tirée par les cheveux) à ce titre outrageant pour la sémantique et la science.

La vaginoplastie, les soins attenants à la SRS, et la « fonctionnalité du néo-vagin » est souvent abordé sur les sites et forums trans pour améliorer le confort des personnes concernées, mais les histoires d’anus sont mises en marge pour une raison tout à fait obscure, un peu comme si cet organe diabolique et honteux n’avait rien à voir avec le sexe, le genre, ou l’orientation sexuelle (c’est-à-dire les questionnements premiers qui sont l’étape initiale de la compréhension de l’identité de genre).

Pourtant, il me semble au contraire que l’utilisation que l’on fait de son cul – ou non – peut potentiellement être tout à fait déterminante pour s’étiqueter dans chacun de ces domaines au départ – enfin à mon très humble avis.

Chaque être humain est doté de cet intriguant orifice qui peut procurer un plaisir « sexuel ». Parfaitement madame. J’hésitais presque – afin de ne pas généraliser mon cas, à affirmer que c’est une sorte de 2e sexe dans la mesure où il peut être l’un des vecteurs (voir même le seul) du plaisir dit « sexuel » pour certaines personnes.

Je lui collerai donc volontiers l’étiquette « d’organe sexuel » si ça ne tenait qu’à moi, au même titre que la bouche, ou les tétons, ou que sais-je, du fait de leurs érogénéités qui PEUT être exclusive, ou précisément supérieure à celle du « sexe » purement génital.

C’est mon cas de sale perverse anormale et diabolique. AU BUCHER SATANIQUE !

La question est : Subir une opération réparatrice au niveau anal pour des raisons de confort et parfois de conformité avec ses préférences identitaires et sexuelles est il comparable avec le fait de subir une opération réparatrice au niveau génital pour (je suppose) exactement les mêmes raisons ?

Depuis presque trois semaines, mon petit trou est cassé. Il saigne, il fait mal, il ne « veut » plus… ne « peut » plus… Bobo.

Fissure, perforation, déchirure, crise hémorroïdaire, cancer ? Pourquoi ces douleurs, pourquoi ce sang ? Je commence à flipper sérieusement. En attendant, je laisse reposer, et gère ma sexualité avec les possibilités qui me restent, mais ce n’est pas pareil ; je me sens carrément amputée, (et mes partenaires aussi), par l’impossibilité de pratiquer ce rapport important pour nous.

Ça « manque ».

Les saignements durant, j’ai fini par souhaiter consulter. Un rendez vous est pris avec un spécialiste, mais en attendant, ça mouline dur dans ma p’tite tête.

Je cogite sur le « verdict » qu’on va me sortir. L’orifice a peut être trop servi – « trop de kilomètres au compteur » (kilomètres de quoi… je vous laisse deviner).

La sodomie peut déclencher des crises hémorroïdaires et des déchirures multiples. C’est admis; et à 36 ans, on ne régénère pas de la même façon qu’à 18. En bref, je vieillis… Le ponte va t’il pour autant me dire d’oublier la sodo ? Ou simplement de « calmer » mes ardeurs, de virer sans regret mes toys, et de me cantonner à des partenaires moins « calibrés » et des jeux plus « soft » ?

J’ai peur. Je sais bien que je me fais du mal pour rien tant que la sentence n’est pas encore tombée, n’empêche que ça me fait réfléchir aux gens pour qui le verdict de chirurgie nécessaire s’est abattu – sachant que si par chance j’y échappais cette fois, je pourrais très bien y avoir droit plus tard…

La lecture de certains sites confirme ou dément certaines de mes craintes.

Celui-ci est assez complet : http://www.proktos.com/Espaces-Publiques/ESPACE-PATIENT/Information-Sante/I-S-Procto-Sexualite.asp

J’y apprends que l’introduction d’objets, le fist, les lavements à répétition sont des manœuvres dangereuses. Je lis donc avec appréhension que j’ai apparemment le « sans faute » pour être très mal barrée…

Comment vais-je m’en tirer ?

Crèmes & suppos ?

Ou plutôt opération, sclérose par injection, ligature, sutures…

Bref, tout ça pour dire que je balise. Parce que mon cul, pour moi, c’est mon sexe, et que je sens se rapprocher le moment de la nécessité d’une opération chirurgicale qui peut changer la donne en mieux ou en pire, et l’inéluctable nécessité de changer mes comportements à ce niveau alors que je n’en ai aucune envie.

Qu’adviendra-t-il du futur de ma petite sexualité à laquelle je tiens tant, quand ce que je considère que ma source principale de plaisir sexuel est en phase de devenir potentiellement inutilisable ?

Ce sujet n’est pas abordé souvent, alors que je pense – sans grande crainte de me tromper – qu’il concerne beaucoup d’autres personnes « trans’ », au même titre (voir beaucoup plus d’après mes intuitions) que les questions de SRS.

Il se trouve qu’en France, la chirurgie gastro-antérologique n’est pas forcément au top, mais ce n’est pas complètement pourri non plus… Il semble possible dans certains cas de pouvoir continuer à avoir des rapports annaux au bout d’environ 6 mois de cicatrisation, mais il ne faut plus « forcer ». (Exit les manœuvres risquées précitées) Dans certains cas, de simples rapports « classiques » suffisent à re-déclencher des problèmes à répétition (souvent d’origine psychosomatiques) et on peut faire une croix sur la sodo…

Il y a donc un réel questionnement par rapport au risque d’être confrontée ou non une telle opération, car de la même façon que pour la SRS dans le cas de pas mal de trans’, c’est ma sexualité, ma confiance en moi, mon confort de vie, ma possibilité d’avoir des rapports satisfaisants non seulement pour moi mais aussi pour mes partenaires, et je dirai même un des facteurs d’expression de ce que j’appelle mon « genre » et mon « identité sexuelle » qui sont posés dans la balance et que je risque de perdre.

L’espace d’un très très court instant, j’ai même envisagé la possibilité fantasque d’un recours à une SRS en cas d’impossibilité de retrouver un rapport sexuel « passif »… Une grosse connerie quand j’y repense, n’empêche que ça m’a traversé l’esprit.

Voila. Cammy balise. Elle balise pour son petit cul qu’elle aime bien et que d’autres aiment bien aussi. Peur de « l’opération ». Peur de la qualité du résultat, peur des pertes fonctionnelles, esthétiques, des pertes de sensibilité, peur des douleurs…

Tout ça pour un petit trou rose… c’est quand même trou blanc non?. 😉

(PS: Ce texte date de l’été 2011. Tout est rentré dans l’ordre depuis.)

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