Petites réflexions sur « l’égalité de droit ».

(14 mars 2011).

Plusieurs questionnements par rapport au sujet de l’égalité de droits, car beaucoup de choses m’échappent…

Je parle ici de l’égalité de droits totale, entre toutes les personnes humaines de la planète, et pas juste entre les personnes d’un même pays (car dès lors, ça ne serait qu’une égalité de droit particulièrement hypocrite si on y réfléchit un peu… mais peut être finalement préférable si on suit mon développement).

Si on veut absolument que tout le monde sur terre ait à priori les mêmes droits que son voisin, il me semble inévitable que les droits de certains (et en particulier les NÔTRES, mais peut être que j’ai mal calculé) seront immanquablement nivelés vers le bas?

Je n’ai personnellement aucune envie de me retrouver avec les mêmes droits que la grande majorité de la population mondiale, (c’est à dire républiques bananières, tyrannies religieuses, autocraties sanguinaires moyenâgeuses hétéro-patriarcales ou autres dictatures corrompues) alors que la grande majorité des « meilleures volontés » de cette population mondiale s’emploie précisément à obtenir un « système » qui lui permette légalement (comme c’est le cas chez nous) d’opprimer son voisin en imposant de toute façon la volonté des plus nombreux. (Principe démocratique fondamental ici pour n’importe quelle élection, n’importe quelle législation, n’importe quelle justice (jurisprudence)).

Il me semble qu’en assurant l’égalité de droits permanente à tout le monde, cela empêcherait de fait (et c’est le but, j’imagine…) le principe supposé  » d’exclusion« , (ce qui part d’une très bonne intention).

Mais ce principe est il complètement inutile ? (et n’est il pas tout simplement « inné » ?)

Se refuser à toute exclusion implique le fait qu’il n’y ait au final plus de prisons par exemple, ni même de sanctions (si on pousse un peu le truc)…

A terme, si on se lance sur quelque chose de purement théologique, « interdire » le principe d’exclusion reviendrait à interdire le principe de « préférence ». Et ça c’est extrêmement grave (et surtout impossible) lorsque ça arrive au plan individuel il me semble, puisque cela reviendrait à interdire aux gens de préférer (c’est-à-dire potentiellement refuser) quoi que ce soit ; le refus devenant automatiquement « discriminatoire » pour l’objet ou la personne « refusée ».

Il s’agirait ni plus ni moins que d’un nouveau formatage à une « pensée unique ».

Il y aura donc toujours, je le crains, et ce quel que soit le système, des « nombreux » et des « moins nombreux », des « plus forts » et des « moins forts », des oppresseurs et des opprimés, et quels que soient les moyens mis en place pour leur assurer une certaine « égalité de droits », tout ça ne restera que théorique dans la mesure ou les plus nombreux (les plus forts => autoproclamés « normaux »), auront toujours la primauté de droit sur les moins nombreux (plus faibles => proclamés « anormaux » par les « normaux »), puisque ces personnes auront l’autorisation démocratique de FAIRE les lois et la « justice » qui les arrangent au détriment des moins nombreux qui ne s’y reconnaitront pas forcément, et seront donc opprimés par ces lois et cette « justice ».

Et même sans ça, il me semble impossible d’obtenir la moindre égalité de droit réelle sans l’amputer de « droits privilégiés » (c’est-à-dire les nôtres actuellement ( !!!) ) auxquels tout le monde voudrait accéder, et qui, si tout le monde y accède, deviendront des droits impossibles à honorer si on y réfléchit 5 minutes (ex : droit au travail, droit à la formation, droit au logement, droit à l’adoption, droit de manger, droit de boire, droit de se reproduire en 15 exemplaires, droit aux allocs pour ces 15 rejetons, droit à l’ « éducation », droit aux soins, droit à un revenu minimum, etc…) : Le « droit » de TOUS devra donc être énormément dévalorisé, parce qu’il n’y aura tout simplement pas assez de ces indispensables « ressources » sur terre pour tout le monde, à moins de niveler (rationner) vers le bas A MORT!

Imaginons une minute que l’interdiction tacite et oppressive de faire plus d’un enfant par couple qui est imposée aux peuples chinois et indiens par exemple (sous forme de taxes il me semble) soit levée.

Culturellement, (puisqu’une femelle ne « vaut » rien, ou en tout cas moins qu’un mâle dans ces pays), les couples continueraient volontiers de se reproduire jusqu’à engendrer un garçon. (les enfants servant aussi généralement de « main d’œuvre » aux parents.). A ce rythme, ces énormes populations deviendraient incontrôlablement  hyper proliférantes, et cela mettrait la planète en danger, puisque il n’y aurait pas assez de ressources pour nourrir et faire subsister longtemps tout ce petit monde (Il suffit de savoir compter et faire des équations – et nous atteignons déjà le chiffre très inquiétant de 9 milliard d’humains sur la planète).

De plus, il me semble tout à fait impossible (mais j’espère me tromper) de réussir à faire cohabiter toutes les variétés de population imaginables en leur accordant les mêmes droits, comme par exemple la liberté d’expression tout simplement. Il faudra niveler cette liberté vers le bas si on veut faire cohabiter ensemble un juif et un antisémite, un gay et un homophobe, un raciste et une personne d’une race différente de la sienne, une personne trans et une personne transphobe… Tout le monde devra fermer sa gueule pour respecter le droit au respect et à la dignité de l’autre, ou au contraire, tout le monde devra avoir le droit de l’ouvrir pour exprimer clairement ce qu’il pense du voisin. (Et dans les deux cas, ça ne peut que péter à terme)… Sur les quelques exemples cités, il me semble très clair que des lois ont été mises en place pour fermer la gueule de certains, mais pas des autres…

Toutes ces personnes ont le droit d’exister, (et « être un super gros connard » est également (et malheureusement) le droit le plus absolu de tout le monde.)

Je pense que « l’égalité de droits » c’est loin d’être gagné, que ce n’est pas pour tout de suite, et que même avec la meilleure volonté du monde, c’est sans doute tout simplement impossible à mettre en place concrètement, parce que ça suppose une « égalité d’intelligence, d’information d’éducation, de bonne volonté (et surtout de gentillesse) » de TOUT LE MONDE, et qui est malheureusement très loin d’être effective.

L’égalité de droit ne pourrait survenir qu’à condition de changer radicalement et en profondeur TOUS les systèmes de TOUS les pays pour les rassembler en un seul, (on parle donc potentiellement de la disparition des frontières) et qui fonctionnerait sur des bases complètement différentes que la recherche de « profit ». Ne faudrait il pas pour parvenir à cela réussir à supprimer la notion d’« argent », et tout ce que cela représente et engendre ?…

Cela me parait impossible pour « cette humanité là »…

Impossible aussi parce qu’il y aura toujours des personnes « charismatiques » et plus ou moins intéressées et malveillantes pour entrainer des groupes entiers de moutons à imposer leur vision des choses aux autres et les opprimer, et que ces personnes sont clairement encouragées par le « principe démocratique » actuel (qui considère que les mettre hors d’état de nuire serait une intolérable discrimination!).

Il y a aussi un nombre incalculable de personnes isolées qui s’autorisent d’eux même à contourner délibérément le droit du voisin. Incivilités, violences physiques, psychologiques, vols, viols, meurtres… Tout cela est malheureusement quotidien dans des proportions effarantes.

Notre système (en accord avec le principe démocratique) donne de plus en plus de droits aux communautarismes les plus « fournis en population » (ou du moins les plus visibles en nombre) et avec qui il y a des PROFITS à faire.

Et cela leur donne donc indirectement par la même occasion le droit d’opprimer les communautarismes « divergents » ou « opposés » (moins RENTABLES) à population moins nombreuse ou plus discrète. Et ça, c’est un fait.
De plus, il me semble important d’ajouter que si l’on regarde la pyramide du capitalisme en France, et que l’on se ressent victime d’injustice, d’oppressions, de non droits, et de discriminations, nous aurons inconsciemment tendance à nous situer vers le bas de ce schéma.

la pyramide du capitalisme.

Mais si on demande à un éthiopien, un rwandais, un tunisien, ou un haïtien, par exemple de situer un français ou un américain sur cette pyramide, nous serons probablement désignés comme occupant le plus haut sommet de cette pyramide. (Et ils n’auront absolument pas tord.)

L’égalité de droits deviendrait potentiellement un danger (pour nous), puisqu’au lieu de tirer (comme c’est fallacieusement sous entendu) tout le monde « vers le haut » de la pyramide, ça ne peut que tirer (ceux qui sont en haut de cette pyramide sans s’en apercevoir c’est-à-dire nous) plus bas que le bas actuel de cette même pyramide, car les ressources de la planète ne sont pas inépuisables et désormais plus suffisantes pour assurer en pratique une égalité de droits « décente », « correcte » et vivable pour les neuf milliards de pékins qui grouillent sur le globe.

J’en arrive donc à cette triste conclusion : Si l’égalité de droit réelle était mise en place dans le système tel que nous le connaissons, nous perdrions la majorité de nos droits.

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3 réflexions au sujet de « Petites réflexions sur « l’égalité de droit ». »

  1. Je pense que tant que le monde restera sous le joug du capitalisme sauvage – qui explose l’objectif du « à chacun ses besoins » en créant perpétuellement de nouveaux besoins qui deviennent obligatoires pour tout le monde pour simplement survivre – il n’y aura de toute façon aucune possibilité de « choisir ».
    Prions pour que notre système actuel s’effondre (c’est en cours) et que quelque chose de meilleur émerge du chaos qui s’ensuivra.
    J’espère être encore en vie d’ici le demi siècle qui me semble nécessaire pour pouvoir assister à cela… Mais les 50 prochaines années seront sans doute « un peu » difficiles.

    Bisous! 😉

  2. Petite précision concernant les pays où il y a un contrôle des naissances. Seule la Chine le pratique. Cependant, en Inde, comme il est assez mal vu d’avoir une fille (à cause de la dot pour son mariage), on n’hésite pas à s’en débarrasser jusqu’à l’arrivée d’un garçon. Ce qui fait, au final, un manque de 35 millions de femmes et 35 millions d’hommes célibataires.
    A voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_l%27enfant_unique et http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_%C3%A0_na%C3%AEtre_des_filles

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