Reaction à la publication du rapport sur les manuels scolaires

©Célia, « Boutade », retouche numérique sur photographie couleur, 2012.

Le rapport est une bonne nouvelle mais pas une victoire

A la lecture du Rapport d’information sur les manuels scolaires déposé par Mme Michèle Tabarot, je me réjouie de ce que la commission des affaires culturelles et de l’éducation n’ai pas donné raison aux partisans d’une censure rétrograde sur les contenus des manuels scolaires. La mission fut crée suite à leur demande pressante, je suis heureuse de constater que le rapport qui en résulte ne leur donne pas raison.

Si c’est bien évidemment une bonne nouvelle, ce n’est pour autant pas une victoire. Pourquoi ? Parce que la question du genre est une nouvelle fois “non-traitée” et non prise en considération par les parlementaires. Qu’attend-on pour le faire ?

La question du genre est une question politique, pas un débat d’universitaires

En refusant, comme le fait ce rapport, de “prendre position sur la question ou les théories du genre”, au motif que le Parlement n’aurait pas à arbitrer des débats universitaires en sciences humaines, on ne fait que maintenir le statu quo sur la non reconnaissance du genre différent du sexe.

Si la question du genre n’était qu’un débat universitaire, théorique et philosophique et sans conséquences immédiates sur la vie d’un grand nombre de personnes aujourd’hui en France, s’il ne s’agissait que de décider du contenu des manuels scolaires je ne prendrais pas position, les universitaires et les personnes chargées de concevoir les manuels sont capables de le faire mieux que moi. Mais ce n’est pas le cas. La question du genre est une question éminemment politique, qui pose la question des droits humains, et qui doit donc être traitée par les politiques.

Il faut combattre ce système de genre inégalitaire 

De quoi parle-ton ? On parle de la remise en question d’un système qui pose comme base de notre construction sociale et de nos lois la reproduction de l’espèce humaine. Même en se plaçant du côté d’un “ordre naturel des choses” qui est mis en avant comme base du système de genre actuel, cela ne fonctionne pas. L’altérité biologique nécessaire pour la reproduction de l’espèce, mise en avant comme fondement même de notre société, ne peut pas suffire à maintenir un système qui pour demeurer en l’état refuse encore de constater les évidences biologiques : il n’existe pas seulement des femmes et des hommes mais aussi des intersexués —autrefois appelés hermaphrodites—, et dont le système binaire actuel dénie le  droit d’exister en tant que tels. Cette idée qu’il n’y aurait que deux sexes, mâle ou femelle et partant de là deux genres possibles, homme ou femme, ne repose sur aucune base scientifique sérieuse. Le système de genre actuel est une construction sociale et doit être présenté comme tel, dans les manuels scolaires, et dans les lois. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.

Cela intéresse tout le monde et pas seulement une communauté

Ce système soit-disant naturel opprime la majeure partie de la population, il constitue la base de la légitimation des inégalités entre les hommes et les femmes, Il est mis en avant pour refuser d’avancer sur les questions de l’égalité des droits des homosexuels, des lesbiennes, des bi-sexuels, des a-sexuels, des personnes transidentitaires (trans), et des intersexuéEs.

C’est loin d’être une question communautariste. La reconnaissance du genre comme construction politique implique le respect des droits humains, celui de tous les êtres humains, y compris les droits de celles et de ceux qui ne sont pas des hommes hétérosexuels. C’est à dire qu’elle intéresse finalement la majeure partie de la population.

Il ne s’agit donc pas d’un débat qui ne concernerait que quelques universitaires, c’est bien au-delà un problème majeur qui se pose à notre société et qui doit de toute urgence être pris en compte par le législateur, à l’assemblée nationale et au Sénat.

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