Ma « détransition » (3/3).

(17 avril 2011)

Bon, voici un menu bilan du 1er mois de ce que j’ai très pompeusement appelé « dé-transition » pour faire l’intéressante.

-Je continue de me badigeonner outrageusement les jambonneaux à l’Oestrodose, de tartiner ma « poitrine » janebirkinesque de Progestogel, et de gober chaque soir 2mg de Chibro Procsac préalablement écrasé en miettes grâce à mon inénarrable sois disant « coupe cachets ».

– Pas de difficulté notable pour abandonner l’androcur. Je n’en ai pris que 50 mg en tout ces deux dernières semaines, (en deux fois), et ça ne m’a pas « manqué »… Je dis donc définitivement « bye-bye » à ce nuisible dépresseur / ramollisseur de libido à partir d’aujourd’hui. ^^

– Peu de rejets de mon projet de la part des proches à qui j’en ai fait part, malgré une certaine perplexité notable de me revoir ponctuellement habillée « à la garçonne ».

– Seul « rejet » (supposé) : On a plus ou moins « rompu » avec mon gars « officiel ». Pour être tout à fait précise, on ne s’est pas recontactés ni revus depuis que je lui ai fait part de mon projet il y a 4 semaines… Je considère ça (enfin personnellement) comme une rupture ^^ …

– J’en sors soulagée – sincèrement, car tout compte fait, il semble que je préfère nettement retrouver occasionnellement mes « fidèles » amants « cachés » capables – eux – de me satisfaire sexuellement quand j’en ai besoin – et d’avoir, (bonus), une conversation « supportable », plutôt que de subir de « sortir » de façon engagée avec un « mec » (c’est-à-dire le supporter aussi quand je n’en ai pas envie) dont la seule et unique « qualité » est d’assumer de s’afficher en public avec moi, sans que nous ayons la moindre once de la plus minuscule affinité dans quelque domaine que ce soit.

Là aussi « bye-bye » définitif à un dépresseur nuisible / annihilateur de libido : ça fait du bien.

– Très légère amélioration du moral, de « l’envie » de vivre, et de la sérénité. L’arrivée du printemps et du soleil y sont sans doute pour beaucoup.

– Détachement significatif par rapport à la façon dont les autres me perçoivent et me jugent, ce qui (très paradoxalement) améliore mon passing quand je me mets en mode « nana », malgré que j’ai l’impression de faire carrément moins d’efforts (par exemple, je me maquille moins, je ne porte plus mes prothèses de seins externes, je ne « cache » pas ma bite…).

– Je prends plus de plaisir à me « faire belle » parce que c’est redevenu des instants rares, précieux, et sans enjeu vital. Les erreurs sur mon genre, mon prénom, les petites bâches ou même les abordages « flirt » suintants de beaufitude sont moins perçus comme une systématique agression ; donc mieux gérables de ma part.

– Impression de me sentir beaucoup moins concernée et impliquée dans la problématique « trans ». J’ai bizarrement l’impression que tout ça n’est désormais plus tellement mon problème, et ça me soulage (ô combien) d’un gros poids.

– Ah oui… Comme je l’ai dit dans un post plus haut, j’ai parfois du « monsieur » en mode « nana », et j’ai eu plusieurs fois la surprise d’avoir aussi du « madame » en mode « gars » de la part de gens que je ne connaissais pas… J’ai trouvé ça marrant comme retournement de situation (et ça m’a fait plaisir quand c’est dans ce sens là). La perception des gens par rapport à ça me surprend souvent, parce que je me rends compte que quoi que je fasse, je ne la maitrise jamais à 100%… et je commence enfin à m’en foutre.

– Niveau libido, je retrouve peu à peu le côté « ludique » et fétichiste du truc que j’avais perdu et qui m’avait manqué, et pour l’instant, je profite de cet « élan » pour m’amuser et papillonner joyeusement… La bagatelle frivole et libertine fait du bien au moral et à la confiance en soi pour l’instant. Je fais beaucoup de rêves érotiques – et parallèlement beaucoup de cauchemars violents aussi. Quand je rêve, je me perçois désormais alternativement au féminin et au masculin, et ce n’est pas forcément déplaisant.

– J’ai commencé à espacer (dans l’optique de stopper à terme) mon suivi psy : Il me semble que j’en ai fait le tour, et ça me gonflait de plus en plus d’aller là bas chaque semaine faire le « rapport » de ma vie et de mes réflexions… Bref, d’être obligée de constamment ruminer les trucs au lieu de prendre le temps de m’en libérer.

Changement physiques constatés (ou non) ce mois ci :

Poids : Légères variations de poids (perdu puis repris puis reperdu), répartition des graisses identique, impression d’une légère prise de seins et de muscles.

Pilosité : Pas de perte de cheveux, pilosité corporelle identique, j’ai constaté les trois 1eres semaines une légère repousse de barbe sur la lèvre supérieure uniquement. Suite à une séance d’épilation flash en début de 4e semaine, et tout est rentré dans l’ordre : Les poils de stachemouze qui étaient réapparus sont aujourd’hui retombés : Donc au final, pas de conséquence ingérable.

Peau : Grain de peau identique

Divers : Beaucoup de fatigue, des courbatures / douleurs articulaires (Je ne sais pas du tout si c’est lié, mais j’en fait part, puisque c’est arrivé ce mois ci.) ^^

***

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7 réflexions au sujet de « Ma « détransition » (3/3). »

  1. Etre le plus « naturelle » c’est ce que je recherche. Aussi, je ne souhaite pas de grande chirurgie. Juste gommer quelque peu des traits masculins. Beau témoignage !

  2. Délirant de voir la méconnaissance de prise de traitements hormonaux. cette personne ne doit pas être suivie. Dans quelques années elle développera sûrement un cancer à la poitrine. Je ne vois qu’une recherche de fantasmes sexuels et pas autre chose qui finira par aboutir sur des souffrances inutiles.

    • Merci beaucoup de prendre soin de ma santé et d’avoir analysé si vite la « recherche » de toute ma vie, et avec tant de brio!
      Moi qui ne m’étais jamais posée la moindre question! ^^
      Moi qui m’étais jetée tête baissée dans cette transition et cette dé-transition sans réfléchir une seule seconde aux conséquences !
      Heureusement que vous êtes arrivée! 🙂
      Heureusement que vous aviez déjà réfléchi à l’avance pour moi! (MERCI !!! 🙂 )
      Heureusement que vous êtes là avec votre jugement et votre commentaire on ne peut plus pointu, intelligent, plein d’à propos et surtout si solidement étayé pour m’expliquer les risques que j’encours à n’être, parait il, pas suffisamment « suivie » à votre goût… 🙂

      Donc puisqu’il faut apparemment que je m’en « justifie », eh bien je suis, chère Lisebête, toujours « suivie » par une endocrino et ma généraliste… ^^ Eh oui, je ne suis pas complètement inconsciente à défaut d’être comme vous une « vraie malade mentale » (revendiquée et fière de l’être) qui se permettrait de juger des gens sains d’esprit (également revendiqués et fiers de l’être). 😉

      Je fais par ailleurs probablement plus d’examens de santé et de mammos que vous n’en faites vous-même.
      Alors évidemment, ce n’est pas aussi classieux que les prestigieuses équipes prétendument « officielles » 😀 auxquelles vous eusse préféré me voir bien soumise à 4 pattes comme ce fut votre cas (puisque je sais pertinemment qui vous êtes et qu’il est de notoriété publique que tout parcours qui s’éloignerait du vôtre serait une hérésie totale.)
      Je conçois bien que dans votre « esprit » (si je puis dire) de grande malade si  » digne « , mon parcours « light et prudent » vous semble certainement beaucoup plus périlleux que le vôtre, si noble, qui a consisté je crois à passer sur des billards pour vous faire ( – entre autre joyeusetés – ) retrousser la queue comme une chaussette à l’intérieur d’un trou creusé dans le ventre après une castration qui modifie totalement, définitivement et irrémédiablement votre si précieux système endocrinologique (que vous me reprochez d’avoir mis en péril de façon beaucoup plus réversible chez moi).
      Tout cela afin de libérer la « vraie femme » qui était emprisonnée dans votre « esprit » et qui tambourinait dans votre petit crâne pour que vous l’en laissiez sortir en lui donnant l’illusion qu’elle avait le vagin nécessaire à la légitimité de son expression… 😀

      Que c’est intéressant comme cheminement, chère madame! 😀

      Mais contrairement à vous, je ne me permettrais pas d’émettre le moindre jugement ni le moindre avis sur vos « fantasmes » à vous, ou sur vos exubérantes et coûteuses prises de risques à répétition qui sont complètement inconcevables pour moi qui suis précisément saine d’esprit, 😉 mais qui – du-moins le fantasmez vous, vous ont mené là haut, tout là haut, sur ce vertigineux piédestal imaginaire d’où vous avez l’illusion d’avoir la légitimité de m’écrire ce soi disant recadrage condescendant en forme d’hôpital qui se fout de la charité…

      Bref, je ne juge point votre abracadabrant parcours et donc je vous sais gré d’avoir l’élémentaire courtoisie d’en faire de même à mon encontre.

      Gardez vos fantasmes de hiérarchie entre prétendument vraies et fausses femmes pour celles qui sont suffisamment limitées intellectuellement pour jouer ce jeu pathétique avec vous: Ce n’est pas mon cas. Remballer votre « pseudo-science » à 10 balles et aller jouer plus loin que sur mes posts : Je n’ai aucun besoin de vos critiques fumeuses sur ma transition ou ma dé-transition (dont vous ne savez rien puisque je vous sais suffisamment étroite pour commenter ce post sans avoir au préalable lu tous les précédents)… Je vous suggère vivement de retourner les exprimer sur des sites poubelles ou les gens ont la patience, la condescendance ou tout simplement le niveau nécessaires pour supporter la médiocrité et l’imbécilité de vos insignifiants « avis »… (Enfin si tant est que l’on puisse vraiment qualifier d’avis les élucubrations d’un être qui se complet dans la revendication et le chouin chouin de Caliméro relatif à sa prétendue maladie mentale uniquement pour se faire rembourser des soins.) 🙂

      Bonne continuation dans vos suppositions fielleuses et votre incompréhension totale de tout ce qui sort de votre minuscule conception des autres, ridiculement bornée à votre « propre » et inepte petite expérience intime que vous souhaiteriez voir étendre à des populations entières pour vous rassurer et vous conforter dans vos très malencontreux choix si étrangement assumés qu’ils poussent la « vraie femme » que vous êtes à continuer à hanter ce lieux si malfamé. 😉

      Je crois que la chirurgie et les braves docteurs n’ont pas réglés tous vos problèmes malgré ce que vous cherchez à prétendre (et à imposer), sinon, vous ne seriez certainement pas là à continuer de nous faire chier. ^_^ (Mais pour comprendre cela, il faut y réfléchir un tant soit peu, et je sais bien que ce n’est pas particulièrement votre spécialité.) 😀

      Bien sincèrement.

  3. les fantasmes sexuels provoquent des cancers à la poitrine ? Oh my gode ! et ce n’est même pas écrit sur la notice de mon dildo… Merci docteur !

  4. bonjour
    je suis actuellement à deux ans de transition, et je me reconnais dans certains de tes propos. J’aimerais savoir ou tu en est aujourd’hui. merci

    • Hello Laura, je trouve ton petit mot un peu par hasard, et avec beaucoup de retard, donc désolée de n’y répondre que maintenant… Merci pour ta question à laquelle je vais tenter de répondre : Aujourd’hui, je jongle toujours entre les deux genres et c’est comme ça que je me sens le mieux. En nana ou en gars selon l’envie du jour. Toujours sous THS, toujours suivie par endocrino + généraliste, mais je n’ai pas repris le suivi psy. (pas senti le besoin de ça). Bref. ça se passe bien comme ça, et quand j’ai envie de switcher d’un genre à l’autre, mes proches ne posent plus trop de questions ; ils ont finis par s’y faire, et c’est agréable.
      Voila. Bonne journée à toi, et bonne continuation dans ta voie! 😉

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