Transidentité et agressivité

Célia a récemment émis le souhait « à [sa] copine que si les trans continuaient à [l’emmerder] (les femmes trans agressives qui gardent tellement de trace de leur passé et éducation de mec), je ferais une transition FtM ! ». Cela sous-entendrait que les « femmes trans » devraient renoncer, en même temps, à leur comportement masculin inculqué par leur éducation. Aussi, je me pose la question du pourquoi la transition, en plus d’être physique, devrait-elle être obligatoirement d’abandonner des comportements dits masculins tels que l’agressivité. Il me semblait, par contre, que l’on transitait tout en restant soi-même. Ce qui veut dire que l’on gardait même nos mauvais côtés de macho mal dégrossi (si tant qu’on l’ait été !).
Qu’étions nous avant de transiter ? Étions nous, nous même, lorsque nous adoptions une posture purement « masculine » et que nous enterrions le peu de féminin en nous ? Bien que la transition soit justement d’abandonner cette « posture » pour déterrer notre féminin, n’en reste-t-il pas quelque chose de masculin en nous, notamment notre structure physique ? Notre agressivité était-elle alors une composante de notre posture « masculine » ou de notre structure masculine ? Pour ma part, je ne peux pas dire que j’ai eu un comportement particulièrement agressif (sauf quelques cas rares) ; je dirais plutôt que j’avais un comportement, de manière générale, de soumission. En quoi, cette soumission serait-elle plus acceptable d’un point de vue « féminin » que l’agressivité ? Serait-ce à dire que la soumission serait plus féminine que l’agressivité ? Ou comment ne pas être agressive sans être soumise ?
Cette agressivité ressentie chez certaines personnes trans-identitaires est-elle vraiment due à l’éducation ou, alors, au combat qu’elles ont mené pour réaliser cette transition ? Ainsi, les efforts fournis pour être soi-même et reconnue comme telle n’en seraient-ils pas la cause ? Car, pour se faire accepter, il est possible pour certaines personnes qu’elles aient eu à déployer plus d’efforts que d’autres. Il semblerait aussi que les conditions pour transiter soient moins difficiles au fur et à mesure que la société « accepte » la notion de « genre » et la transidentité. Aussi celles ayant transité il y a plusieurs années ont pu développé cette agressivité à cause des difficultés alors rencontrées. Et que celles, bénéficiant d’une certaine manière de ces efforts, n’aient plus (ou à un moindre niveau) à fournir la même quantité d’efforts pour se faire accepter dans la société.
Mais l’agressivité est-elle quelque chose qui se cultive ? Ou alors, est-elle biologique ? « Bien qu’il y ait une corrélation entre la testostérone et le comportement, ce fonctionnement n’est pas très clair. Des études ont été menées sur des parties du cerveau qui semblent être associées aux effets sur le comportement. Beaucoup d’hormones, en fait, sont impliquées dans l’agressivité comme l’hormone adrénocorticotropique, la prolactine, l’oestrogène, la progestérone, l’adrénaline et donc la testostérone. Tandis que la plupart des études sur l’agression se sont concentrées sur les mâles et la testostérone, il semblerait raisonnable de suggérer une interaction avec le système produisant l’adrénaline. » (http://www.feministes.net/testosterone.htm).
Eh ben, voilà, je n’ai pas trouvé la réponse à ma question. Quelle est-elle déjà ? Ah oui ! Transidentité et agressivité.

Cf. aussi l’article Sur « Dr. Jekyll & Ms. Hyde » (David Price, 1995)

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2 réflexions au sujet de « Transidentité et agressivité »

  1. j’ai entendu par hasard cette information : « La testostérone était déjà connue pour son rôle dans les comportements violents mais une étude britannique réalisée par des chercheurs de l’University College de Londres a mis en évidence son incidence dans les attitudes égocentriques. Les scientifiques ont effectué leurs recherches sur 34 femmes qui, réparties en paires, ont dû collaborer à deux reprises pour apporter une réponse commune à un problème donné. La première fois, la paire avait reçu une dose de testostérone, la seconde fois un simple placebo. Il s’est avéré que la coopération entre les femmes « était nettement réduite » quand la testostérone avait été administrée à la paire interrogée, comme l’indique un communiqué diffusé mercredi. Pour le Dr Wright, en charge de l’étude, la testostérone « peut nous faire ignorer le point de vue des autres ». Il en conclut que cette hormone « affecte nos décisions en nous rendant plus égocentrique ». L’hormone ocytocine, favorise, elle, la coopération. […] »
    voir le communiqué (en anglais) : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/early/2012/01/27/rspb.2011.2523.abstract?sid=9bc55650-dc40-4937-80d2-f19b824a917f
    Les femmes trans sous traitement hormonal devraient donc être plus coopératives et moins agressives suite à la baisse du taux de testo… à moins que des années d’influences hormonales néfastes n’aient endommagé irrémédiablement le fonctionnement de leur cerveau ?
    A lire aussi, un chouette dossier dans le « Science et avenir » de février 2012 démonte tout un tas d’idées reçues sur les supposées différences biologiques hommes/femmes.

  2. Je crois que la société patriarcale construit rudement les hommes. Il semble y avoir des avantages immédiats pour eux (possession d’une femelle perso d’après le code Napoléon, séparation des femelles qui étaient fortes et groupées pour les affaiblir, invention du couple un mâle/une femelle sous sa coupe) mais en réalité il est hard d’être autorisé par le discours ambiant à être agressif, violent, hiérachique, envahissant etc. sous prétexte qu’on est mâle (et c’est valorisé par les films, les discours…). Un homme intelligent se rend très vite compte qu’il y a un clivage, qu’il est anormal que le fait d’être dominé par l’instinct, « la nature », la testo soi-disant, enfin n’importe quoi pourvu que ça mousse, soit valorisé à ce point alors que c’est contraire à l’idée-même de civilisation. Je pense que les hommes subissent ce qu’il faut bien appeler la « perversité » du système patriarcal à leur encontre : d’un côté, ce sont des êtres qu’on encourage à se laisser aller à leurs instincts, alors que de l’autre la société se définit justement comme un combat contre l’instinct primaire.

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