Le système de genre est malade mental


©penelop.fr

La proposition de loi du PS portant sur la simplification du changement d’état civil pour les trans, peut sembler une avancée, et si cette loi était votée, de fait les choses seraient plus simples pour les trans en ce qui concerne l’état civil. Mais le mouvement trans aurait-il gagné pour autant la véritable bataille : celle qui consiste à faire passer dans l’opinion l’idée que la transidentité est tout sauf une maladie. Il faut montrer en quoi c’est le système de genre actuel qui est malade, mal foutu, et à changer. Pour montrer cela, il est nécessaire de sortir de revendications parcellaires ou qui peuvent paraître communautaristes, et commencer par la remise en cause du système de genre, sinon personne ne comprendra nos revendications.

Si la question du changement d’état civil n’intéresse pas tout le monde immédiatement, la question du genre, si !

Cette question (qui ressort avec l’histoire des manuels scolaires) ne concerne pas une minorité de personnes trans, loin de là. C’est la majorité de la population que ce système opprime. Le système de genre actuel basé sur l’idée de « l’altérité nécessaire de deux sexes nécessaire à la reproduction de l’espèce », base notre système social sur le couple hétéronormé avec enfants, opprime tous ceux qui n’ont pas comme seul but dans la vie de se reproduire.

Le système de genre binaire opprime la majorité des gens, pas seulement les trans

– Le système de genre actuel maintient une hiérarchie de fait entre les hommes et les femmes, ce qui conduit, au delà des inégalités quotidiennes, à ce que la plupart des violences faites aux femmes sont un « fait naturel masculin contre lequel on ne peut pas faire grand chose »

– Le système de genre actuel maintient les homos, les lesbiennes les bi, les a-sexuels… comme une « sous-catégorie » qui ne se reproduit pas donc n’a pas les mêmes droits que les hétéros (mariage, adoption)

– Le système de genre actuel refuse aux trans et intersexes le droit d’exister. Eux n’ont qu’un seul droit : celui de disparaître en se fondant dans la masse

Ça intéresse du monde, si on intégre la problématique trans dans la question plus large des droits humains bafoués par ce système. Les droits humains font quasiment l’unanimité, pas beaucoup de gens osent se déclarer a priori contre les droits humains, donc c’est un bon point de départ pour entamer des discussions et convaincre qu’il faut « changer de système de genre ». Des arguments scientifiques peuvent servir à présenter un système plus juste, plus fidèle à la réalité (il n’y a pas que deux sexes, il n’y a pas que deux genres, il n’y a pas que deux expressions de genre)

Parler de changement d’état civil en premier, c’est prendre le risque d’être considérés comme « communautaristes », et se retrouver accusés de vouloir foutre en l’air un système qui soi-disant fonctionnerait à merveille pour notre seul petit intérêt de chapelle. Politiquement, c’est prendre le problème par le mauvais bout. Le petit bout de la lorgnette. Le CEC c’est important, surtout de pouvoir le changer sans « changer de sexe », mais cela nécessite des explications pour rendre la chose compréhensible et normale. Nous ne pouvons faire l’économie du débat sur le genre. De ce débat la question du respect des droits humains viendra logiquement, et ses applications en droit en découleront.

Les LGB terminent leur agenda revendicatif par le mariage et l’adoption, Ils n’ont pas commencés par ça, mais par le « coming out », leur droit à exister librement, à ne plus être considérés comme déviants, malades mentaux et le droit de ne pas être discriminés.

Les T doivent commencer leur agenda par le début, et ce qui est au début de cette affaire, c’est la reconnaissance du genre différent du sexe, qui passe par « je ne suis pas folle (fou) c’est le système de genre qui l’est ».

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2 réflexions au sujet de « Le système de genre est malade mental »

  1. Tout à fait d’accord avec cette analyse. Le système de genre maintient les hommes dans l’instinct (ils « ne peuvent pas », soi-disant, dépasser leur pulsion de reproduction et, partant, leur comportement agressif, envahissant, hiérarchique, etc.). Il infériorise les femmes, les enfants et les animaux (qui sont accusés au revers d’être « proches de l’instinct ou « proches de la nature » alors que cela s’applique en réalité aux hommes tels que les construit le système). L’arrivée de la civilisation cyborg, qui est en train de supplanter doucement la civilisation patriarcale précédente, permet de ne plus sublimer cet instinct masculin (à travers les films d’action américains sexistes, par exemple, ou les documentaires animaliers d’arte sur « la conquête de la femelle » !) mais de le combattre en vue d’un certain niveau de civilisation.
    Dans cet esprit d’avancée vers un état qui serait plus civilisé que toute cette barbarie, j’ai décidé une petite action personnelle : de ne plus aller voir un seul film d’action américain. On s’y laisse entraîner trop facilement parce que ça semble mettre tout le monde d’accord : il faut résister à ce ventre mou. N’y allons pas.

  2. le CEC libre et gratuit tout de suite ne contredit pas un travail profond sur la remise en cause du système de genre actuel… Il s’inscrit bien évidemment dans cette vision plus large, mais je ne partage pas l’idée que ce ne serait pas possible de faire passer une proposition correcte en la matière sans avoir mis en place un cadre préalable proscrivant toute discrimination du genre au niveau de la législation française. (remplacer CEC par « IVG » par exemple pour revenir quelques années en arrière…)

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