« Passer » pour celle que je suis


© Célia & Andrea, José se projette, Photographie couleurs,2006.

Oui le passing c’est moche si c’est « passer pour qui on est pas ». si c’est ça je suis bien d’accord c’est pas le bon terme. Je ne comprenais pas le rejet du mot « passing », n’étant pas anglophone « fluent ». Moi j’avais compris que ça voulait dire « passer pour qui l’on est » et donc ça me plaisait bien.

je passe, ça va, je passe pas ça va pas (feu vert : je passe !)

Et puis c’est un mot court, plus que « expression de genre ». Mais il dérange apparemment beaucoup, donc son emploi est problématique.

Dans mon expérience, l’expression de genre c’est la chose principale. C’est le point central. C’est là que tout commence, un jour sur le boulevard Haussman. Je suis enfin une femme, car je suis reconnue, identifiée socialement comme telle. En adoptant une apparence féminine, au mieux que je le pouvais, tout à été mieux, immédiatement, inexplicablement. La révélation et la confirmation de ma transidentité s’est faite par l’expression de mon genre féminin.

Avant cette expérience, je ne m’étais jamais dit « je suis une femme et personne ne le voit ». Non je n’ai pas vécu ce sentiment connu de nombreuses trans d’être « enfermée dans le mauvais corps ». J’ai beaucoup cherché à me féminiser de façon secrète dans ma vie, mais sans avoir envie de me « travestir ». je n’ai jamais ressenti mon apparence féminine comme un travestissement mais comme l’expression de mon double féminin intérieur.
J’ai oser faire exister socialement cette dimension féminine, d’abord par des moyens artistiques, en faisant vivre un « double féminin » dans des romans d’auto-fictions ou des représentations artistiques de mon corps féminin fantasmé : autoportraits retouchés numériquement, projections de diapos « clichés de féminité » sur mon corps nu, « snapshots » de mes aventures en femme dans « Second Life ». Tout cela m’a fait beaucoup de bien car j’ai pu montrer mon double féminin à l’extérieur, l’art autorisant cette « licence ».

Le problème, c’est que la joie que je ressentais à créer ces pièces s’est évanouie lorsque les travaux artistiques ont été terminés. je ne voulais plus seulement faire exister un « double féminin » socialement, mais moi, en entier, full time. C’est ce que je fais depuis quelques mois.

Dans mon expérience la transidentité est d’abord sociale, et passe par l’expression de mon genre féminin. Quand je suis seule, je ne me maquille pas, je ne m’épile pas, je ne me rase pas, je me lave beaucoup moins (oh la sale !). je ne fais ça que pour les autres, et donc pour moi, pour qu’il me reconnaissent, pour « passer » pour celle que je suis !

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2 réflexions au sujet de « « Passer » pour celle que je suis »

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