Meeting LGBT pour l’égalité : Mélenchon, un transfuge dans le transgenre

Meeting LGBT pour l'égalité 2012

J’ai pleuré deux fois de joie hier au meeting LGBT pour l’égalité aux Folies Bergères, lors de ce show pourtant bien ridicule de l’Inter LGBT. (Arielle Dombasle gagna sans doute la Jarretière d’Or de la niaiserie avec ses propos dégoulinants de bons sentiments sur le mariage). De ces questions aux candidats, je ne fais pas ici le compte rendu, vous l’aurez par ailleurs (Il est où Poutou ?)

J’ai pleuré deux fois. Quand Bambi à finit de parler, ça, je m’y attendais.

Quand Mélenchon à commencé à parler. Je ne m’y attendais pas.

Bon c’est vrai que les bouffées d’émotion font partie de mon quotidien. J’adore ça, sentir les larmes monter. Donc je pleure facilement, mais pas pour n’importe quoi, et pas pour n’importe qui.

Bambi à dit combien elle trouvait dommage que la compassion ai pu être le seul moteur de progrès possible pour faire avancer les droits des trans, pour faire reculer la répression policière, à l’époque ou le mot trans n’existait pas encore, à l’époque ou les femmes ne pouvaient pas porter de pantalon à braguette, et ou les hommes devaient poser sans maquillage et les cheveux dégageant le visage sur les photos d’identité (heu c’est redevenu comme ça non ?). Elle nous a parlé la menue Bambi, si frêle et pourtant fermement campée sur ses fines jambes, graçieuse comme un faon sur cette scène des Folies bergères. Elle évoquait Coccinelle, et sa capacité à susciter cette compassion, vis à vis des flics notamment, pour obtenir la reconnaissance d’une sorte d’invalidité à l’aide d’une carte d’“handicapée hormonale”. Devoir en passer par la maladie pour faire reconnaitre sa transidentité, c’était le seul moyen d’avoir un peu la paix.

Cela n’a pas beaucoup changé. J’ai moi même usé de cette ficelle pour faire comprendre à mon entourage que la transidentité n’était pas un choix, mais un fait.

Alors à la fin du speech de Bambi, ses mots, sa grâce m’ont émue aux larmes et peut-être aussi le fait de comprendre que les choses n’ont pas tellement avancé depuis les années 50.

Avec Mélenchon, les larmes m’ont assailit dès le début. Sacré Jean-Luc, comment s’y est-il prit ?

Au lieu de répondre à la question un peu “con-con” posée rituellement par Nicolas Gougain sur “l’égalité des droits et ce qu’il ferait pour les faire respecter s’il était élu président de la république”, J.L. attaqua directement en disant que ce n’était pas ça le problème, mais qu’il fallait partir de la “question philosophique du transgenre”. Que c’était ça le “fil rouge”. Qu’après réflexion, il en était venu à penser que cette question du genre était centrale. Que cela expliquait beaucoup de choses. Et la plus importante sans doute, l’inégalité sexiste du système hétéro patriarcal. Cette croyance dans le genre comme faisant partie de l’identité humaine, cette croyance du genre comme une essence, il ne l’avait plus. Pour lui, l’essence n’est pas là, mais elle existe pourtant, dans ce qui fonde l’universel des êtres humains. Nous retrouvions là l’universalisme républicain dont je me passerais bien, mais pour moi, Mélenchon avait au moins comprit une chose essentielle: le “T” de LGBT n’est pas une perle de plus sur le chapelet sempiternellement égréné de “nos droits” (“nous voulons nos droits !” s’égosillait quelqu’un dans la salle, à intervalles réguliers), le “T” est le point d’origine qui foutra tout le système de hiérarchisation sexiste par terre. Hiérarchisation des sexes ou de l’orientation sexuelle.

Mélenchon m’a fait pleurer, et il m’a fait rire (pas autant que la bonne femme du Modem qui expliquait que “l’introduction se faisait difficilement” en parlant des difficultés pour Bayrou d’accepter les idées “nouvelles” de la société civile).

Mélenchon m’a fait rire, quand il a prit à rebrousse mariage le mouvement LGBT, s’étonnant que le mouvement en soit venu à désirer à ce point cette entrée dans la norme.

Il termina en posant la question très juste de savoir comment nous pourrions obtenir que l’école prenne en charge l’éducation contre les discriminations, sans crédit et dans l’état où elle est ; comment nous pourrions lutter pour la prévention et la prise en charge des soins en votant pour un candidat acceptant le démantellement du système de soins. Comment nous pouvions espèrer faire aboutir ces revendications sans sortir du système actuel ?

Je sais enfin pour qui je vote au premier tour.

Je vote Bambi !

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8 réflexions au sujet de « Meeting LGBT pour l’égalité : Mélenchon, un transfuge dans le transgenre »

  1. J’ai aussi été émue de l’intervention de Bambi. Et Mélanchon n’en parlons pas. Je suis venue en ne sachant pas pour qui voter et maintenant je sais.
    Il a pris le « problème » d’un angle tellement différent des autres. C’était extrêmement émouvant. Je me souviens m’être tournée vers ma voisine au moment où il expliquait que tout commençait par sa compréhension du mouvement trans, les yeux pleins d’étoiles : je n’y croyais pas. J’ai avalé chacune de ses paroles suivantes.

  2. [EDIT] Surtout, j’ai remarqué l’utilisation du terme « identité de genre ».
    Lorsqu’elle parlait (rapidement) des trans, la représentante du PS n’avait que ce mot à la bouche. Mais n’a rien dit de percutant. Mélanchon n’a utilisé qu’une seule fois ce terme, parce que ce n’est pas son vocabulaire, parce qu’il n’a sûrement pas envie d’utiliser un vocabulaire militant uniquement pour faire plaisir… Par contre, avec SES mots, il a su montrer à quel point il avait compris le FOND du problème.

  3. Je pense personnellement que Mélenchon se moque des trans comme de sa première chemise mao. C’est un vieux briscard de la politique, un homme d’appareil, rompu à tous les styles, toutes les stratégies, qui a passé 30 ans au PS à essayer de sortir son épingle du jeu, en vain, et qui espère maintenant prendre sa revanche sur ses anciens partenaires.

    • Pour avoir communiqué directement avec Clémentine Autain lors d’un meeting, je confirme que la question LGBT n’est pas la priorité de Mélanchon.
      Seul le PS (parfois mou-mou, certes) à déja proposé une loi sur la simplification du changement d’état civil et s’affiche ouvertement pour une vraie égalité juridique de tous les genres et de toutes les sexualités.

      • ben oui, c’est sur, la question LGBT et en particulier trans est la préoccupation principale du PS, c’est pour ça que Hollande dit des âneries sur les transidentités dès qu’il en a l’occasion. Tiens par exemple relevé dans Têu (source : http://reloaded.e-llico.com/article.htm?articleID=28201) : « Interrogé sur les personnes transsexuelles, le député de Corrèze indique qu’il est « pour la rectification de l’état civil lorsqu’il y a eu changement de sexe » […] François Hollande est aussi « pour partie » favorable à un remboursement par la sécurité sociale (actuellement-, les prises en charge par l’assurance maladie sont assez variables, constatait en 2010 la Haute autorité de santé), mais souligne qu' »il n’y a pas de raison de donner une gratuité totale à ce qui est un choix individuel ».
        Merci François, qu’est-ce qu’on deviendrait sans toi…

  4. –  » Pour lui, l’essence n’est pas là, mais elle existe pourtant, dans ce qui fonde l’universel des êtres humains. Nous retrouvions là l’universalisme républicain dont je me passerais bien, mais pour moi, Mélenchon avait au moins comprit une chose essentielle: le “T” de LGBT n’est pas une
    perle de plus sur le chapelet sempiternellement égréné de “nos droits” (“nous voulons nos droits !” s’égosillait quelqu’un dans la salle, à intervalles réguliers), le “T” est le point d’origine qui foutra tout le système de hiérarchisation sexiste par terre. Hiérarchisation des sexes ou de l’orientation sexuelle « .

    MDR…!!!
    Mélanchon est à côté de la plaque autant que les LGBT, le  » T  » veut dire travestis, transgenres et travgenres voir trans-« sexuel(le)s cela n’a riende commun avec la transidentité. L’identité n’a rien a voir avec les orientations sexuelles aux quelles nous n’adhérons pas. D’autant plus que la sexualité doit être et rester de l’ordre privé ( donc non divulgué ) et non d’ordre public.

    • comme ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles madame Herry ! Toutes mes amitiés à Patricia et le reste de la section trans de la troisième (environ) Amicale Nationale Socialiste… j’espère que vos aigreurs ne vous attaquent pas trop l’estomac, l’ulcère guète, Lysebète. Allez, on respire un bon coup, ça va aller, ils arrivent, ils vont venir vous chercher, tenez bon.

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