Coupables et victimes de la transidentité

écureuil cattelan

Maurizio Cattelan, Bidididobidiboo, installation, 1996 ou “Comment un écureuil a-t-il pu en arriver là ?”

Ressentir de la culpabilité, je connais bien ce sentiment. C’est sans doute un sentiment utile quelquefois, pour repérer quand on fait bien ou quand on fait mal, mais lorsqu’on continue à se sentir coupable alors qu’on ne fait rien de mal c’est très pénible et il faut parvenir à se détacher de ce sentiment qui nous bloque. Quel mal faisons nous ? Nous perturbons un système de genre qui nous oppresse. Qui est coupable, le système oppressif que nous n’avons pas choisi ou bien nous qui cherchons à vivre en harmonie avec nous même et les autres ? La culpabilité est souvent un masque, un voile qui empêche de voir les choses. Ce voile m’a servi aussi de protection pour ne pas comprendre et du coup pour ne pas agir pendant bien longtemps. Le jour où j’ai pris le temps d’y réfléchir vraiment à cette culpabilité, correspond au jour où j’ai aussi considéré que les gens qui m’entouraient étaient des êtres et non des objets manipulables, mes victimes. J’ai cessé de me sentir toute puissante, et du coup de me sentir coupable. J’ai permis aux autres de prendre leurs responsabilités, et leurs distance si c’était leur choix. J’ai moi-même cessé de me sentir victime (de ma mère notamment). Nous sommes tous (en tous cas les gens fréquentables) des êtres doués de raison, rarement des coupables tous puissants ou des victimes incapables d’agir. Bien sûr que ça existe, les victimes, les coupables, mais par rapport à une morale. Je ne considère pas la transidentité immorale ou amorale. Donc je ne considère pas qu’être trans fasse de moi une coupable. Si mon entourage est victime, c’est du système de genre, pas de moi. Si l’entourage réfléchit aussi, il s’aperçoit qu’il n’est pas notre victime. Mais le problème est que l’entourage ne réfléchit pas toujours très bien. Il est quelquefois perturbé par nos changements, et comme il n’a pas la puissance du ressenti que nous pouvons avoir et qui aide à comprendre, il est un peu paumé. Dans ce cas, la solution de facilité est de s’en prendre à nous ou de faire de nous les responsables du problème. La position de victime est confortable (celle de coupable aussi d’une certaine façon). A nous, si nous pouvons, si l’entourage l’accepte, de faire de la pédagogie. C’est pas toujours simple, mais si l’on se sent soi-même coupable, les choses risquent fort de s’embrouiller, à nos dépends.

Renvoyons au système de genre sa responsabilité, et faisons comprendre à ceux qui croient en ce système que ce n’est qu’une croyance qui ne repose sur rien de sérieux.

Se débarrasser soi-même de cette croyance, c’est la première chose à faire. Cela aide beaucoup à cesser de se sentir coupable.

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