Petit manuel de l’accompagnatrice à Bangkok

Il fait froid en novembre à Bangkok ! C’est peut-être paradoxal, mais dans l’hôtel DusitPrincess où sont logées les patientes de Chattawuk, la clim, poussée à fond, oblige parfois à porter gilet, écharpe et châle. Dans les chambres, on peut la couper.

Ne pas espérer acheter un maillot au centre commercial immense, tout proche ; le 3 XL et à peine un S de chez nous, et les modèles, supergenrés, à fanfreluches et petits volants, empêchent de nager.

Penser à emporter une sorte de gilet de natation qui couvre les épaules : non parce que l’eau serait froide (elle ne l’est pas) mais parce que le soleil, même voilé, tape dur. Une demi-heure de natation = gros coup de soleil en maillot de chez nous. Les Thaïs se baignent avec des costumes très couvrants, on comprend pourquoi !

Prévoir des chaussures fermées avec chaussettes à cause de la poussière et de l’irrégularité des rues (+ oiseaux morts, cailloux, détritus…). Eviter les sandalettes. Les Thaïs ne marchent pas à pied : on prend un transport à tout bout de champ. Pour faire environ 4 km à pied (et même moins, d’après Google : 3 km 600) on prend un taxi. La clinique de Chattawuk n’est pourtant qu’à cette distance de l’hôtel DusitPrincess.

L’hôtel est vraiment très bien : pas la peine d’emporter sa brosse à dents, son séchoir à cheveux, sa charlotte de bain, ses savons, dentifrice, shampoing, lotions, coton-tiges, peignoir, serviettes et pantoufles : tout cela est fourni, ainsi que l’eau potable dans des bouteilles cachetées et du papier à lettres. Il y a Internet et c’est pratique, pas la peine de rebouter tout le temps. Serviettes de plage à la piscine, et ils vous apportent un verre d’eau !

La grosse difficulté des premiers jours est la diète liquide de la personne que vous accompagnez. Voici une future opérée séparant le bon grain de l’ivraie. Les légumes seront mangés par sa compagne (miam !)

Quelques idées :

–       Au petit déjeuner, à l’hôtel, soupe miso, diverses soupes chinoises (vous pouvez puiser uniquement le jus, vous vous servez vous-même), des jus de fruits, et même un délicieux jus de lime que vous pressez vous-même. On trouve aussi du sirop d’érable (à mettre dans une petite coupelle, très énergétique) et des yaourts, autorisés les deux premiers jours.

–       À midi, il y a la soupe aux champignons, possible pour les deux premiers jours mais pas les deux derniers où la diète est uniquement « claire ». Ils ont aussi une soupe du jour, à la tomate ou à la pomme de terre, délicieuse et crémeuse, pour ces deux premiers jours.

–       Pour la diète claire il suffit de prendre deux soupes aux légumes « veggie » : l’accompagnatrice mange ce qu’elle peut du tofu et les légumes et la future opérée boit le jus des deux soupes. Attention, l’autre soupe, aux crevettes, est très épicée.

–       Inutile d’expliquer votre histoire à quiconque : les serveur.ses comprennent très mal l’anglais et en ville c’est encore pire. De plus il est ancré dans les idées que la soupe se mange avec des légumes et de la viande. Laisser tomber, prendre la soupe normale et laisser le solide me paraît la solution la plus simple.

–       A l’hôtel la soupe est à 140-170 baths (100 baths = 2 euros 50), en ville elle est à 40 baths.

–       Le pourboire est entre 20 et 50 baths pour une addition de 1000-2000 baths, on peut monter à 100 pour une addition genre 4000 baths.

Excursion

On ne peut réellement en faire qu’une seule : le premier jour la visite à 17 h rend problématique tout désir de s’aventurer loin (il faut être rentrée à temps et comme les encombrements sont monstrueux à Bangkok, à moins d’être très matinale et la championne du jetlag, évitons…). Les deux derniers jours, les soins préparatoires à l’opération sont trop prenants (mais on ira avec fruit au centre commercial à côté !). Reste le 2e jour, libre et idéal.

Prendre un taxi pour le fleuve Chao Praya, un mot qui signifie quelque chose comme « rivière divine ». Viser la station dite « Central Pier », à Sathon ou Sathorn. Bien demander « the boat », mais il y a aussi une station de BTS juste à côté, en correspondance (c’est le Châtelet de Bangkok, pour risquer une comparaison parisienne). Le taxi vous y mène en une heure et quelque, pour une vingtaine de kilomètres, et cela coûte au total (avec l’autoroute ou les autoroutes : 45 + 30 baths et le pourboire) un peu moins de 300 baths. Oui, tout ça à l’intérieur de la ville, dont on n’aura pas parcouru une grande distance en fin de compte (pour la traverser entièrement c’est au moins 8 à 10 fois ça, voire plus…).

Là, deux options : les klongs, c’est-à-dire les petits canaux (mais n’est-ce pas un peu trop touristique ?) ou le bateau qui remonte le fleuve, et qui est un moyen de transport commun pour les gens. Nous avons choisi ce bateau. Ils font payer 150 baths aux farangs, contre 15 pour la population, mais nous, les touristes, avons le droit de descendre et de remonter où nous voulons.

Nous nous sommes arrêtées au 8 (Wat Pho) et au 30. Il y aurait eu aussi de possible deux autres arrêts intéressants, celui du Palais royal et celui du wat (temple) qui est de l’autre côté du fleuve. Mais déjà ainsi la promenade nous a beaucoup plu. Nous n’étions pas très concentrées sur le tourisme et c’était bien suffisant pour nous. Mais cela dépend sans doute des personnes.

Au 8, Wat Pho, nous avons vu un temple immense et magnifique avec l’un des plus grands Bouddhas couchés du monde : impressionnant. Des stupas partout (mini-wats ?). Au 30, le terminus, un marché qui vendait de tout (y compris des poissons séchés dégageant une odeur très forte)vdans lequel nous avons flâné. Pas un touriste ! Nous avons mangé la soupe rituelle (40 bths) dans un restaurant local, délicieux. A l’embarcadère des toilettes à 3 bths (sans papier), et d’étonnants poissons en pagaille dans le port. On peut acheter pour 10 bths un grand sac d’expèce de pop corn coloré que ces poissons adorent.

La promenade en bateau nous a révélé toute la ville, ses maisons genre « maisons des klongs » à demi-écroulées, ses constructions modernes, ses temples partout… Les Thaïs se fichent manifestement tant du design urbain que de la mode (maisons peu reluisantes, vêture simple et standard) mais en revanche ne le cèdent en rien pour la nourriture, délicieuse, variée, pas si épicée que ça quand on le demande.

Au centre commercial, régime à deux vitesses : des objets locaux euphoriques et pas chers du tout (dont des montres « kawaï » japonaises rose vif qui font fureur dans nos contrées) et des objets farangs au prix habituel (et même plus cher qu’au Décathlon de la porte de Montreuil, importation oblige, pour les maillots Speedo par exemple !). Pas de chaussures femme en 41, sauf côté importation des « marques »

Sinon bonjour se dit soadi khaaaa (phonétiquement ; pour une fille, dire ce kaaaa et redescendre mélodiquement sur aaaa) et merci se dit kop koun khaaaa (pareil, c’est phonétique !). Distinction de genre très importante dans la langue entre les hommes qui finissent toutes leurs phrases par Klap et les femmes qui finissent par Khaaa.

Les kattoeys forment ici un « troisième genre ». Ils ne posent pas à la féminité, sinon en termes d’exhibition de genre, et gardent leur voix grave et certains poils au menton sans problème. L’un d’eux est serveuse dans un restaurant du centre commercial (le grill où les plats tournent sur un rail dans des petites coupelles, comme dans certains restaurants japonais en France, au 2e étage). Elle porte de hauts talons, est fine comme l’ambre, superbement maquillée et coiffée, et parle d’une douce voix très masculine. C’est complètement intégré dans la société qui d’ailleurs est décomplexée par rapport au corps, contrairement à notre pays pétri de vieux papes racornis et de religiosité catho larvaire : ici, au centre commercial, on peut se faire refaire le visage à côté d’une boutique de fringues d’importation. La chirurgie esthétique a sa boutique aux vitres brillantes, tout comme les téléphones portables ou le Starbuck (où on peut avoir du café noir).

Ne vous perdez pas dans le centre commercial, il est immense !

Pour se repérer avec les taxis il faut apprendre par cœur les mots de passe : Seacon Square (le nom du centre commercial géant, Vélizy II à côté c’est minus) et le nom de la rue, très important : Srinakarin (porter l’acent sur la fin : « r‘in). L’hôtel fournit un petit plan (qui d’ailleurs n’a pas dit grand-chose au chauffeur, lequel a téléphoné direct à l’hôtel de son taxi pour en savoir plus !).

Quelques remarques pour finir à propos des questions matérielles de ces quatre jours « pré-op » :

–       la valise : emporter un maillot, un bonnet de bain épais (contre les coups de soleil), une veste de natation bien couvrante. Je n’ai pas eu de problème de coups de soleil avec les jambes, mais les Thaïs ont en plus un bermuda collant jusqu’aux genoux. Un jogging, des chaussures de jogging (il y a une salle de fitness dans l’hôtel). Je conseille une chemise de soie très couvrante par-dessus un tee-shirt à manches longues, contre le soleil, et un chapeau ou un bob pour les visites. Robe longue ou pantalon flottant idéals. Une veste et une écharpe pour le restaurant où il fait très froid (en fait ça dépend de la température extérieure : les premiers jours il ne faisait pas très chaud et la clim transformait le restau en vrai frigo. Le 4e jour la température a monté et la clim du resto était plus suportable). Une paire de chaussures de marche ou baskets fermées + chaussettes, culottes et soutien-gorges. Inutile d’emporter peignoir, paréo, pantoufles, ça n’a servi à rien. En revanche une espèce de sac de plage en tissu a été très utile pour mettre un livre, l’appareil photo…

–       ce serait un beau travail militant d’apprendre le thaï (tant l’oral que le déchiffrement de l’écrit) pour accompagner les futures opérées qui n’ont pas d’accompagnatrice. Ce serait encore mieux que d’être accompagnatrice à Arts et Vie ! En effet, très vite la connaissance de l’anglais des Thaïs se trouve dans la majorité des cas limitée (pas pour l’équipe de Chattawuk, où tout le monde parle bien la langue) et ce serait pratique de savoir comment on dit, par exemple, « uniquement de la soupe claire, du consommé » en thaï. Par ailleurs, si chez Chattawuk on peut vous adjoindre un Français traducteur de l’anglais, il suffit de le demander, c’est compris dans la prestation de l’opérée, c’est en général un étudiant friendly mais qui ne sait pas dire « corps caverneux » en anglais, car c’est trop spécifique ! Ben quoi, c’est pas du vocabulaire de base ?

–       Argent : on peut en prendre à l’aéroport, et beaucoup à la fois car la commission de 150 baths est la même quel que soit le montant du retrait ! Après, les distributeurs sont rares et certaines cartes sont limitées en plafond – du coup, si on a tiré trop d’euros avant de partir, ce qui était mon cas, on se retrouve avec une carte qui refuse de donner des baths. Heureusement on peut changer ses euros, par exemple à l’embarcadère de Sothron Central Pier, on trouve une boutique de change. Il y a des distributeurs dans le centre commercial Seacon, tout proche.

–       Pour aller au centre commercial, sortir de l’hôtel par la piscine, à l’étage G (groundfloor). On se retrouve dans un parking qu’on traverse vers la rue. On traverse la rue au passage protégé (qui n’est absolument pas protégé : attendre que quelqu’un qui sait faire traverse, et lui emboîter le pas ; gare aux voitures qui roulent à gauche comme à Londres !) et entrer dans le centre par la porte latérale. En ce moment, c’est en travaux, il faut suivre le chemin près de la tôle ondulée.

–       Nos meilleurs achats au centre commercial : des montres charmantes, des pinces à cheveux pas chères du tout, des tissus magnifiques et pas chers non plus (grande boutique peu après l’entrée latérale par où nous arrivions de l’hôtel), des gilets au premier étage, pas en bas – uniquement pour les petites tailles, vendus sur des stands de marché au milieu, pas dans les boutiques –, des boîtes de biscuit en fer magnifiquement décorées, des pochettes « kawaï » (beaucoup de design japonais pour faire des cadeaux aux plus jeunes !)

–       A propos de l’aéroport : le chauffeur qui vous attend n’est pas à l’arrivée même (un grand hall, appelé B, autour de la sortie duquel se pressent derrière des barrières métalliques à gauche les gens qui attendent les groupes, à droite les chauffeurs des hôtels pour farangs), il est plus loin sur le chemin. En sortant du hall B il faut tourner à droite pour rejoindre la sortie : votre chauffeur est sur ce chemin. A noter que le passage des passeports peut être très long (une demi-heure, une heure) selon l’affluence.

Pour finir : l’accompagnatrice peut avoir un peu l’impression qu’elle est en thalasso, si elle est très proche de sa future opérée et qu’elle ne la quitte pas d’une semelle. Elle vit comme elle à l’intérieur de l’hôtel et les incursions en ville peuvent être rares dans ce cas (elle peut aussi mener sa vie toute seule dans la grande ville, c’est selon !). Du coup moi j’ai choisi de nager beaucoup, matin et soir, et de me calquer sur le rythme de ma future opérée, mangeant beaucoup moins que d’ordinaire (le décalage horaire aide, car au début, le jour c’est la nuit et le corps garde ses habitudes de diète nocturne). On ne s’ennuie pas !

De Bangkok, la veille du jour J pour ma future opérée.

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