Chettawut : SRS sans faute, SAV peut mieux faire !

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Le Dr Chettawut déclare, dans une interview publiée en français, qu’il garde le contact avec ses patientes : à la question de Marina (« gardez-vous le contact avec vos patientes ?), il répond  (http://www.transidentite.fr/interviews.html)

Dr Chettawut : Oui, nous avons de très bonnes relations. Nous gardons contact par e-mail car je souhaite avoir un suivi. Je veux que mes opérations apportent de la satisfaction aussi je veux avoir un feed-back sur la suite.

Dans la réalité, le Dr garde peut-être « de bonnes relations » par mail mais concrètement met un temps fou à répondre aux mails qu’on lui adresse au sujet du suivi médical en France de l’opération de réassignation sexuelle. Autrement dit, autant les patientes sont merveilleusement traitées tant qu’elles sont en Thaïlande, autant, quand elles rentrent en France, ça donne l’impression « débrouille-toi Lola ».

Que faire ?

Rester trois mois en Thaïlande et négocier un complément de contrat, un suivi infirmier payant ? Pas si bête : il suffit de changer d’hôtel, peut-être, et idéalement d’avoir un travail en free-lance qui permette de bosser depuis la Thaïlande (non sans compétitivité, de surcroît, grâce au décalage horaire…). En Thaïlande, iels connaissent leur affaire, pas de doute… un point positif. En tous cas, ne pas raccourcir son séjour « légal » !

Prendre RV avec un.e gynéco friendly AVANT son départ en Thaïlande, vu qu’il faut trois mois pour en obtenir un ? Une précaution absolument nécessaire.

Et en tous cas prévoir dès son retour un suivi par son médecin de ville ? Mais il ou elle saura-t-iel juger si tout se passe bien, au-delà des choses les plus courantes, douleur, nécroses, infections ? Il faut trouver un.e médecin à qui on puisse oser montrer son sexe.

Il est clair en tous cas que pendant les trois mois qui suivent l’opération, la patiente est en convalescence, que les infections (plus ou moins graves : cela va de l’infection urinaire proliférante à l’infection superficielle de peau, qui se traite à la Bétadine et à l’eau de Dakin) sont très fréquentes. La protection antibiotique du Dr Chettawut ne dure, au retour, qu’une semaine ou deux ; s’ensuivent des ennuis divers, difficiles à évaluer soi-même quand on n’a pas de diplôme médical. Quant à la douleur, elle est récurrente, pas très forte, survenant par à-coups mais très fatigante. Au bout de deux mois, la patiente ne gambade absolument pas.

Mon avis d' »entourage proche » d’une patiente du Dr Chattawut est que l’opération est vraiment très bien, magique, dentellière : les cicatrices disparaissent (ne pas hésiter à y mettre du Cicalfate au bout d’un mois environ, ça aide !), l’aspect asymétrique du début s’estompe, les choses guérissent manifestement. Mais les souffrances et difficultés post-opératoires liées aux infections sont insuffisamment prises en compte dans le pack-opération ; il faut donc les prévoir et les anticiper. Se bourrer d’antidouleurs en automédication n’est peut-être pas la meilleure solution. On regrette tout de même que les papiers du Dr ne comportent pas un protocole de suivi post-op plus précis.

Contrairement à une opération de réduction mammaire, par exemple, où on va nettement mieux au bout de deux mois, dans le cas de la SSR la guérison est très lente, entravée d’infections, d’épuisement, de douleurs ; la patiente reste longtemps dans un état de handicap certain ; une virée en métro l’épuise ; un restaurant sans coussin l’accable. A propos, nous avons caché le coussin dans une housse carrée standard de couleur brune, plus discrète que la rondelle rose vif arborant fièrement le sigle de la surgery ; fourré dans un grand sac, il se trimballe partout. Discret et élégant !

Que tout cela ne décourage pas les candidates : le travail est magnifique et tous ces petits soucis seront bientôt oubliés. Mais justement pendant qu’on les vit, parlons-en, afin que d’autres ne se laissent pas « surprendre » par les difficultés du retour en France.

(Aller vivre définitivement en Thaïlande ? Tentant, n’est-ce pas ?)

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4 réflexions au sujet de « Chettawut : SRS sans faute, SAV peut mieux faire ! »

  1. Je confirme ce récit.

    Opérée en septembre 2012 par chettawut, celui ci a fait un travail esthétique très professionnel.
    Cependant pour ce qui concerne l’état post opératoire en france, c’est loin d’être évident : saignements, gonflement mont de venus très long a désenfler, jet urinaire non stable…..
    En thailande on vous parle d’une période de 2 mois de douleurs a supporter. Pour ce qui me concerne, au 5eme mois c’est pas encore vraiment ca 😦
    Et bien sûr le docteur ne répond même plus aux mails !!!

  2. « si Chet n’est ni un saint ni un philanthrope, et qu’il n’a pas toujours été très « clean » avec certaines d’entre nous, »… et bien il s’agit de ne pas le taire, et en parler n’est pas rabaisser ses compétences, dont je profite maintenant chaque jour. Cet article ne visait simplement qu’à informer les futures patientes de Chet qu’elles devaient s’attendre à un vide sidéral concernant l’accompagnement postop, (contrairement aux affirmations du site de Chett), mais cet article ne visait nullement à les décourager, encore moins à les orienter vers les chirurgiens français dont on ne sait rien à part de sordides rumeurs, vérifiées ou pas.

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